3 belles grottes de l’Hexagone où débuter la spéléologie

Vous avez le goût de l’exploration ? La spéléologie est un savant mélange de sport et de science. Pour pratiquer, pas besoin d’être alpiniste troisième dan. Voici trois magnifiques grottes où faire vos premiers pas sous terre.

La grotte de l’aven d’Orgnac

Grotte de l'Aven d'Orgnac
La salle Joly de l’Aven d’Orgnac. Crédit photo Benh LIEU SONG .

La grotte de l’aven d’Orgnac se situe à la frontière des départements de l’Ardèche et du Gard, non loin de la commune de Barjac. La région compte de nombreuses grottes, mais celle-ci se distingue par sa beauté.

Cette cavité, localisée sur le territoire de la commune d’Orgnac-l’Aven, a été découverte le 19 août 1935 par Robert de Joly. Cet explorateur contribua à l’essor de la spéléologie pendant l’entre-deux-guerre. À cette époque, l’évolution du matériel permettait d’explorer des régions jusqu’alors interdite à l’homme. Le spéléologue accéda à la grotte en descendant en rappel par une ouverture naturelle. Ces cendres reposent dans la grotte, la première salle portant son nom (notre photo).

La grotte de l’aven d’Orgnac est parfois victime de son succès. En effet, le site est classé Grand site de France, au même titre que la baie de Somme ou la Camargue. Bref, c’est un lieu touristique, très fréquenté en été. Néanmoins, les formations géologiques de la grotte la rendent incontournable. En effet, en s’écoulant, l’eau calcaire a formé au fil des siècles de magnifiques concrétions. Les stalagmites et les draperies du site sont spectaculaires et méritent vraiment le détour. C’est un lieu idéal pour débuter la spéléologie.

Longue de 4 km, la grotte de l’aven d’Orgnac est parfaitement aménagée. Un grand escalier de 200 marches permet d’y accéder à pied. Néanmoins, il est possible d’effectuer la descente en rappel historique de Robert de Joly, lorsqu’il découvrit le site en 1935. Un guide spéléo vous fournit un baudrier, un casque, une combinaison, une lampe frontale et vous accompagne tout au long du parcours. Une belle initiation.

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La grotte de Trabuc

grotte de trabuc
Les cent mille soldats – crédit photo David PAGIS.

Située à 18 km d’Alès, dans le Nord du département du Gard, la grotte de Trabuc est une vraie curiosité. En effet, aujourd’hui encore, les scientifiques ne parviennent pas à expliquer la formation de certaines concrétions de la cavité.

Pourtant, le site est connu depuis l’Antiquité. Des outils et ossements ont été retrouvés dans les galeries, indiquant la présence d’hommes préhistoriques. La grotte de Trabuc servit également de refuge aux Camisards à l’époque de la Réforme. D’ailleurs, le lieu doit apparemment son nom à l’arme favorite de ces paysans protestants, le tromblon – « trabuc », en occitan. Elle fut ensuite exploré à la fin du XIXe siècle par un proche d’Édouard-Alfred Martel, le père de la spéléologie moderne.

Pour continuer de filer la métaphore guerrière, cette cavité est surnommée « la grotte aux cent mille soldats. » Elle doit ce surnom aux milliers de stalagmites qui recouvrent le sol d’une des salles. On dirait vraiment une gigantesque armée. Comment a-t-elle pu se lever ? Les avis divergent, puisqu’il n’y a pas d’écoulement d’eau dans cette partie du sous-sol. Au total, la grotte s’étend sur près de 11 km et comporte sept salles.

La grotte de Trabuc recèle encore de nombreux mystères. Des passerelles permettent de déambuler à pied à travers les différentes galeries. Les jeux de lumière sur les parois et dans l’eau des lacs souterrains sont magiques. Un safari souterrain permet de s’initier à la spéléologie, sans compétences techniques particulière. Accompagné d’un guide, le visiteur peut marcher pendant 3 ou 5 h sur les pas des premiers explorateurs de la grotte et découvrir son histoire.

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Le gouffre de Padirac

Goufre de Padirac
L’entrée du gouffre de Padirac – crédit photo Dimimis.

Le gouffre de Padillac est situé dans le département du Lot, non loin de la cité médiévale de Rocamadour. Cette cavité de 75 m de profondeur est un trou béant dans le sol calcaire du causse du Quercy.

Le site est connu depuis des milliers d’années. Des restes datant du XIVe siècle indiquent que cette cavité naturelle fut un refuge pour les habitants du plateau durant la guerre de Cent ans. Il servit également de mine de salpêtre au XVIe siècle, selon les archives. Outre ces incursions, l’histoire retient que le site fut exploré pour la première fois par le spéléologue Édouard-Alfred Martel en 1889. C’est lui qui découvrit à plus de 100 m de profondeur le Padirac, une rivière souterraine.

À ce jour, certaines portions de la grotte restent inexplorées. En effet, le réseau de galeries creusé dans le calcaire par le Padirac s’étend sur près de 40 km. Le gouffre est un des plus vastes de l’Hexagone. Par endroit, la rivière atteint jusqu’à six mètres de profondeur. Elle continue son patient travail d’érosion de la roche du plateau calcaire, formant des salles de plusieurs centaines de mètres de haut.

On accède au gouffre de Padillac par un grand escalier métallique ou des ascenseurs. Une fois au fond, un ponton permet d’embarquer pour une balade en barque de 1 h 30 sur les eaux translucides du Padirac. Au programme, la découverte de la Grande pendeloque, une stalactite de 60 m, la salle du Grand dôme ou le lac des Gours. Il est également possible de s’adresser à un guide diplômé de la région pour vous accompagner dans les cavités souterraines du causse du Quercy. Une belle aventure à la découverte de la partie non aménagée de la grotte.

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