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Guide pratique

La puissance est devenue un argument-massue pour certaines marques – ou sous-marques. Or, l’intensité lumineuse n’est pas le seul facteur qui détermine si une lampe frontale est performante ou non. La portée du faisceau, les modes d’éclairage et surtout l’autonomie sont également importants. En effet, cette surenchère de puissance a une contrepartie. Elle raccourcie la durée de vie des batteries et peut faire flamber votre budget piles. Voici une sélection des modèles les plus populaires en 2020.

Le poids

Plus le faisceau d’une lampe frontale est puissant, plus le bloc piles s’alourdit. Il n’y a pas de magie. Or, nous avons tous un peu tendance à nous suréquiper. Et la publicité nous pousse à cela. Donc, si je peux vous donner un conseil, c’est de ne pas opter pour un éclairage trop puissant. 100 à 200 lumens sont amplement suffisants pour la plupart des situations courantes (petit bricolage, bivouac, etc.). Autrement dit, à quoi bon disposer d’une LED de 500 lumens (lm), à moins de pratiquer une activité sportive où l’engagement est important ?
La technologie LED a permis de considérablement diminuer la taille des frontales. En effet, les diodes électroluminescentes sont à la fois légères et puissantes. Aujourd’hui, il existe des mini lampes dont l’intensité lumineuse n’a rien à envier à des lampes de poche. Bien sûr, elles sont un peu légères en terme de luminosité pour faire une descente en VTT, mais elles trouvent parfaitement leur place dans un sac de rando pour s’éclairer sur une zone de bivouac, sur une table de nuit pour lire au lit ou dans la boîte à gants de la voiture.
Avec 26 g, la championne toutes catégories est la Petzl e+Lite. Malgré sa taille, elle dispose de plusieurs mode d’éclairage. Ils s’activent grâce à une petite molette très ergonomique. Néanmoins, la Petzl Bindi, à peine plus lourde, est beaucoup plus puissante. Elle dégage jusqu’à 200 lumens et dispose d’une batterie rechargeable.

La puissance

Combien de lumens me faut-il ? C’est vraiment la questions à se poser. En effet, les fabricants proposent des lampes frontales de plus en plus puissantes. Du coup, des modèles qui ont un an ou deux ans paraissent complètement obsolètes aujourd’hui. Prenons l’exemple de la Black Diamond Spot. Il y a quelques années, sa puissance maximale était de 90 lumens. La version suivante est passée à 130, puis 200 lumens pour arriver à 325 lumens. Ayant utilisé le modèle à 90 lumens, j’étais à l’époque pleinement satisfait de ses performances…
Pour évaluer le nombre de lumens qu’il vous faut, dites-vous que vous n’utiliserez pas votre appareil à pleine puissance la plupart du temps. En effet, ce mode d’éclairage est le plus gourmand en énergie. Donc, rien ne sert de tomber dans la surenchère, même s’il est nécessaire d’avoir un spot puissant, au cas où.
En évaluant la puissance dont vous avez vraiment besoin, vous ferez des économies de piles. Pour moi, d’une façon générale, 150 lumens sont amplement suffisants pour une utilisation domestique, la randonnée pédestre ou le camping. Un trail ou une course d’orientation dans l’obscurité totale peuvent nécessiter 250-300 lumens. Les activités plus engagées, comme la spéléologie ou la descente en VTT, nécessite un peu plus puissance : 400-500 lumens.

La polyvalence

Le nombre de lumens n’est pas le seul élément à considérer avant d’acheter une lampe frontale. En effet, il ne reflète pas à lui seul la qualité de l’éclairage. Un lumen mesure l’intensité du flux lumineux. Or, il faut aussi tenir compte de la portée du faisceau. Autrement dit, la capacité d’une lampe à cibler un objet. Une lampe frontale vraiment polyvalente doit proposer au moins quatre modes d’éclairage :

  1. Le mode inondation. Ce faisceau large permet de voir de près. Il est très pratique pour bricoler ou pour s’éclairer dans une tente.
  2. Le mode spot. Ce projecteur éclaire au loin. Cet option est indispensable lors d’un trail, à vélo et dans toutes les situations où il faut anticiper les irrégularités du terrain.
  3. Le mode clignotant. Cette fonctionnalité est très utile en cas d’urgence pour signaler un danger.
  4. Le mode lumière rouge. Cette lumière un peu particulière a le mérite de ne pas éblouir. Elle permet d’évoluer en groupe. Elle est aussi très pratique pour lire.

Conçue pour les activités outdoor, une lampe frontale doit pouvoir affronter des situations très différentes. Dans ce domaine, pour moi, la Black Diamond Spot est le type même du modèle tout terrain. Je m’en sers pour diverses tâches quotidienne et j’ai constaté que le mode spot à sa puissance maximum est suffisamment performant pour une sortie en VTT ! Un dernier point. Même si les lampes frontales rechargeables sur port USB sont un peu plus cher à l’achat, elles sont une option à considérer, notamment pour les modèles ultra puissants. Vous amortirez le surcoût en économisant le prix des piles. Nous vous expliquons tout au paragraphe suivant.

La batterie rechargeable

La plupart des lampes frontales fonctionnent avec des piles de type AAA ou AA. Elles sont souvent situées dans le corps de la lampe, dans un compartiment auquel on accède grâce à un clapet. C’est le design le plus courant. On le retrouve sur des modèles de grande qualité (Petzl, Black Diamond, etc.). Il existe des lampes frontales avec un bloc piles séparé. Elles sont conçues pour les sports extrêmes. C’est le cas de la LED Lenser H7R.2. Très puissantes, ces lampes frontales sont assez gourmandes. D’où l’intérêt de pouvoir les recharger sur un port USB.
Vous pouvez utiliser un câble USB pour recharger la batterie n’importe où, dans la voiture en rejoignant le départ du sentier de randonnée, dans la nature avec un panneau solaire ou un bloc d’alimentation, etc. D’ailleurs, Petzl propose plusieurs lampes hybrides qui permettent d’utiliser la batterie rechargeable CORE ou des piles de type AAA. C’est une option très intéressante, car cela permet d’anticiper les situations où il est impossible de connecter l’appareil. Les modèles rechargeables sont un peu plus chers, mais pour un usage intensif, ça vaut la peine. En effet, acheter des piles AAA peut vite représenter un petit budget…

L’autonomie

Nous l’avons vu, les éclairages mains libres très puissants sont voraces en énergie. Cet élément est à prendre en compte avant d’acheter une lampe frontale ; par exemple, pour faire un long trek en haute montagne. Les fabricants donnent des indications précieuses sur l’autonomie, même si elles sont approximatives. Voilà ce qu’il faut savoir. Dans la notice d’utilisation ou sur le packaging du produit, on peut trouver la durée de vie estimée de la batterie pour les différents niveau de puissance (économie d’énergie, normal, maxi, etc.). Jusqu’à très récemment, on estimait une lampe LED était fonctionnelle tant qu’elle pouvait éclairer à plus deux mètres. Désormais, elle est considérée comme déchargée quand la puissance du faisceau baisse en-dessous de 10 % de l’intensité d’origine.
Les fabricants gèrent la consommation d’énergie de façon différente. Néanmoins, sur la plupart des modèles, l’intensité du faisceau décroit progressivement. Donc attendez-vous à voir le mode spot, d’abord flamboyant, perdre petit à petit de sa superbe. Si cela vous gène, sachez que l’éclairage de votre frontale est régulé (comme sur la Petzl Actik Core). Dans ce cas, le faisceau lumineux sera à peu près constant, avant que la lampe ne passe en mode éco, quand la batterie est morte – ou presque.

Une lampe frontale pour le trail-running ?

Pour la course de nuit, il faut un équipement spécifique. Il existe des lampes polyvalentes, comme la Black Diamond Spot, qui sont parfaites pour un entraînement nocturne. Mais pour un trail longue distance, une frontale plus performante peut être nécessaire. Pour cela, il faut rechercher le bon équilibre entre le poids et la puissance. En effet, sur un sentier accidenté il est nécessaire de voir loin et longtemps sans trop s’encombrer. Dans ces conditions, une lampe frontale avec une alimentation déportée à l’arrière de la tête est un choix judicieux. Cela permet de transporter plus de piles, de bénéficier de plus d’autonomie, mais aussi de mieux répartir le poids supplémentaire. Le bandeau est donc généralement renforcé par une sangle couvrant le crâne pour améliorer le maintien.

L’étanchéité

Si vous pratiquez des activités outdoor, vous risquez d’être exposé aux intempéries. Vous devez donc évaluer la résistance à la pénétration de l’eau de la lampe frontale que vous voulez acheter. Certains équipements bon marché offrent peu, voire pas de protection. Dès qu’il pleut, il vaut mieux mettre sa capuche et courir dans sa tente ! Heureusement, la plupart des modèles de milieu et haut de gammes offrent un degré de protection plus élevé.
La résistance à l’eau des appareils électroniques est mesurée par l’indice de protection IP. En bas de l’échelle, IPX0 équivaut à une protection nulle. À l’autre extrémité, IPX8 signifie que le produit peut supporter une immersion prolongée.
Particulièrement impressionnante dans ce domaine, la lampe frontale Black Diamond Spot obtient une cote IPX8. Ça signifie qu’elle peut continuer à fonctionner, même après avoir été sous l’eau pendant 30 minutes. Mention spéciale également à la Forclaz Trek900 dont l’indice IP est de 7. En effet, la majorité des lampes frontales sont certifiés au minimum IPX4. Cela devrait être suffisant pour résister à une chute de pluie et de neige. D’une façon générale, si vous prévoyez de défier les éléments, vérifiez l’indice IP de votre matériel avant de l’acheter.